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Message du Pape Benoît XVI pour la JMM

Message du Pape Benoît XVI pour la 84ème Journée Missionnaire Mondiale

Message du Pape Benoît XVI

pour la 84e Journée Missionnaire Mondiale

 

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La construction de la communauté ecclésiale est le succès de la Mission

 

Chers frères et sœurs,

 

Le mois d’octobre, avec la célébration de la Journée missionnaire mondiale, offre aux communautés diocésaines et paroissiales, aux instituts de vie consacrée, aux mouvements ecclésiaux, au sein du Peuple de Dieu, l’occasion de renouveler l’engagement d’annoncer l’Évangile et de donner aux activités pastorales un souffle missionnaire plus ample. Ce rendez-vous annuel nous invite à vivre intensément les parcours liturgiques et catéchistiques, caritatifs et culturels, par lesquels Jésus-Christ nous convoque à la table de sa parole et de l’eucharistie, pour apprécier le don de sa présence, nous former à son école et vivre toujours plus consciemment en union avec lui, Maître et Seigneur. Il nous dit : « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; et je l’aimerai et je me manifesterai à lui » (Jn 14,21). C’est à partir de cette rencontre avec l’amour de Dieu que change l’existence, que nous pouvons vivre en communion avec lui et entre nous et offrir aux frères un témoignage crédible, en donnant raison de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3,15). Une foi adulte, capable de se confier totalement à Dieu par une attitude filiale, nourrie par la prière, la méditation de la parole de Dieu et l’étude des vérités de la foi est la condition pour encourager un nouvel humanisme, fondé sur l’évangile de Jésus.

 

En outre, au mois d’octobre, dans de nombreux pays, les différentes activités de l’Église reprennent après la pause estivale et l’Église nous invite à apprendre de Marie, grâce à la prière du saint rosaire, à contempler le projet d’amour du Père sur l’humanité, pour l’aimer comme il l’aime. N’est-ce pas également cela le sens de la mission ?

 

Le Père, en effet, nous appelle à être des enfants aimés dans son Fils, le bien-aimé, et à nous reconnaître tous comme frères en lui, don de salut pour l’humanité divisée par la discorde et par le péché, et révélateur du véritable visage de ce Dieu qui « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16).

 

« Nous voulons voir Jésus » (Jn 12,21), telle est la demande que, dans l’évangile de Jean, quelques Grecs, venus à Jérusalem pour le pèlerinage pascal, font à l’apôtre Philippe. Celle-ci résonne également dans notre cœur en ce mois d’octobre, qui nous rappelle que l’engagement et le devoir de l’annonce de l’Évangile incombent à l’Église tout entière, « missionnaire de par sa nature » (Ad gentes, 2), et nous invite à devenir promoteurs du caractère nouveau de la vie, faite de relations authentiques, dans des communautés fondées sur l’évangile. Dans une société multiethnique qui expérimente toujours davantage des formes de solitude et d’indifférence préoccupantes, les chrétiens doivent apprendre à offrir des signes d’espérance et à devenir des frères universels, en entretenant les grands idéaux qui transforment l’histoire et, sans fausses illusions ou craintes inutiles, s’engagent à faire de la planète la maison de tous les peuples.

 

 

Comme les pèlerins grecs d’il y a deux mille ans, les hommes de notre temps demandent également aux croyants, pas toujours de manière consciente, de « parler » non seulement de Jésus, mais de « faire voir » Jésus, de faire resplendir le visage du rédempteur dans tous les coins de la terre, face aux générations du nouveau millénaire et surtout, devant les jeunes de tous les continents, bénéficiaires privilégiés et sujets de l’annonce évangélique. Ils doivent percevoir que les chrétiens apportent la parole du Christ, parce qu’il est la vérité, parce qu’ils ont trouvé en lui le sens, la vérité pour toute leur vie.

 

Ces considérations renvoient au mandat missionnaire que l’Église entière et tous les baptisés ont reçu, mais qui ne peut être réalisé de manière crédible sans une profonde conversion personnelle, communautaire et pastorale. En effet, la conscience de l’appel à annoncer l’Évangile stimule non seulement chaque fidèle, mais toutes les communautés diocésaines et paroissiales, à vivre un renouveau intégral et à s’ouvrir toujours davantage à la coopération missionnaire entre les églises pour promouvoir l’annonce de l’Évangile dans le cœur de chaque personne, de chaque peuple, culture, race, nationalité, sous toutes les latitudes. Cette conscience est alimentée par l’œuvre de prêtres Fidei Donum, de personnes consacrées, de catéchistes, de laïcs missionnaires dans une recherche constante en vue d’encourager la communion ecclésiale, de manière que le phénomène « interculturel » puisse s’intégrer dans un modèle d’unité, dans lequel l’Évangile soit ferment de liberté et de progrès, source de fraternité, d’unité et de paix (cf. Ad gentes, 8). « L’Église, étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen gentium, 1)

 

La communion ecclésiale naît de la rencontre avec le Fils de Dieu, Jésus Christ, qui, dans l’annonce de l’Église, atteint les hommes et crée une communion avec lui et donc, avec le Père et le Saint-Esprit (cf. 1 Jn 1,3). Le Christ établit la nouvelle relation entre l’homme et Dieu. « C’est lui qui nous révèle que « Dieu est charité » (1 Jn 4,8) et qui nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l’amour. À ceux qui croient à la divine charité, il apporte ainsi la certitude que la voie de l’amour est ouverte à tous les hommes et que l’effort qui tend à instaurer la fraternité universelle n’est pas vain » (Gaudium et spes, 38).

 

L’Église devient communion à partir de l’eucharistie, dans laquelle le Christ, présent sous forme de pain et de vin, par son sacrifice d’amour édifie l’Église comme son corps, nous unissant à Dieu un et trine et entre nous (cf. 1 Co 10,16 sq.). Dans l’exhortation apostolique Sacramentum caritatis, j’ai écrit : « Nous ne pouvons garder pour nous l’amour que nous célébrons dans ce sacrement. Il demande de par sa nature d’être communiqué à tous. Ce dont le monde a besoin c’est de l’amour de Dieu, c’est de rencontrer le Christ et de croire en lui » (n. 84). Voilà pourquoi l’eucharistie n’est pas seulement source et sommet de la vie de l’Église, mais également de sa mission : « Une Église authentiquement eucharistique est une Église missionnaire » (Ibid.), capable d’amener tous les hommes à la communion avec Dieu, en annonçant avec conviction : « ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous » (1 Jn 1,3).

 

Chers frères et sœurs, en cette Journée missionnaire mondiale où le regard du cœur s’étend sur les espaces immenses de la mission, nous devons nous sentir tous protagonistes de l’engagement de l’Église qui consiste à annoncer l’Évangile. Le dynamisme missionnaire a toujours été un signe de vitalité pour nos églises (cf. Lettre encyclique Redemptoris missio, 2) et leur coopération est un témoignage particulier d’unité, de fraternité et de solidarité, qui rend crédibles les messagers de l’amour qui sauve !

 

Voilà pourquoi, je renouvelle à tous l’invitation à la prière et, malgré les difficultés économiques, à l’engagement de l’aide fraternelle et concrète pour soutenir les jeunes églises. Ce geste d’amour et de partage, que le service précieux des Œuvres pontificales missionnaires, auxquelles va ma gratitude, veillera à distribuer, soutiendra la formation de prêtres, de séminaristes et de catéchistes dans les territoires de mission les plus éloignés et encouragera les jeunes communautés ecclésiales.

 

 

En conclusion du message annuel pour la Journée missionnaire mondiale, je désire exprimer, avec une affection particulière, ma reconnaissance aux missionnaires, qui témoignent dans les endroits les plus éloignés et les plus difficiles, l’avènement du Royaume de Dieu. À eux, qui représentent l’avant-garde de l’annonce de l’évangile, va l’amitié, la proximité et le soutien de chaque croyant. Que « Dieu, (qui) aime celui qui donne avec joie » (2 Co 9,7) les comble de ferveur spirituelle et de joie profonde !

 

Comme le « oui » de Marie, toute réponse généreuse de la communauté ecclésiale à l’invitation divine d’aimer les frères, suscitera une nouvelle maternité apostolique et ecclésiale (cf. Ga 4,4.19.26) et, se laissant surprendre par le mystère de Dieu amour, qui « quand vint la plénitude du temps… envoya son Fils, né d’une femme » (Ga 4,4) donnera confiance et audace à de nouveaux apôtres. Cette réponse rendra tous les croyants capables d’être « la joie dans l’espérance » (Rm 12,12) pour réaliser le projet de Dieu, qui veut « que le genre humain tout entier constitue un seul peuple de Dieu, se rassemble dans le corps unique du Christ, soit construit en un seul temple du Saint-Esprit » (Ad gentes, 7).

 

Le Vatican, 6 février 2010

 

 

 

 

 

Article publié par Coopération missionnaire • Publié Samedi 23 oct 2010 - 10h26 • 2031 visites

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