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Edith Loosfeld, lettre du 8 août 2010

Édith  LOOSFELD

Point-Cœur San-Jeronimo-Emiliani                                                                             

Guayaquil – Équateur                                                                                                       Le 8 août 2010
 
                                                                                                                
Très chers parrains, marraines, parents et amis,
 
    J’espère que vous passez de bonnes vacances et que la canicule ne vous empêche pas de profiter de ce moment de repos. Ici, nous sommes plutôt en pleine activité bien que pour la fin du deuxième trimestre, les enfants ont eu une semaine de vacances. Que de nouvelles à vous partager depuis ma dernière lettre, je vous avais dit que nous avions consacré du temps aux jeunes équatoriens pour leur présenter notre mission Points-Cœur. Hier, 1er août, quatre jeunes repartaient chacun dans leur famille, après avoir passé le week-end avec nous pour découvrir notre vie et commencer le cycle de formation et peut-être pour partir en mission courant 2011.
 

À la fin du week-end de formation: 

point-coeur2010_1 point-coeur2010_1      De bas en haut et de gauche à droite, Franck (Ami des enfants), Français arrivé en décembre 2009, Christian Chan Président de notre fondation Points-Cœur locale se préparant à partir pour deux mois dans un Point-Cœur ou à la fazenda, Aldo Ami des enfants péruvien arrivé en janvier 2010, Léonardo, jeune Guayaquileño en formation, Ivan, Jeune de Machala (550 km de Guayaquil) en formation, Sœur Albane, la visiteuse de notre Point-Cœur, Bérénice, française arrivée à Guayaquil en octobre 2009, Lady, jeune professionnelle de Guayaquil en formation pour partir, votre filleule tout heureuse de cette première : voir des vocations d’Ami(e)s des enfants se lever en l’Équateur. Les deux premiers Amis des enfants équatoriens sont partis, il y a six ans.

 

    Comme je vous le disais dans ma dernière lettre, le projet de la construction de notre nouvelle maison a été retardé à cause de problèmes administratifs et aussi un peu chamboulé avec le départ rapide de Mauricio (permanent Points-Cœur envoyé au Brésil). Il semble que ce long moment d’attente d’une année a été nécessaire. La situation s’est dénouée, il y a quelques semaines, de manière plus que providentielle avec l’aide de plusieurs amis.
    Notre ancienne fondation a été remise à jour, les changements de responsabilités acceptés par le ministère des affaires sociales. Nous sommes donc au niveau ecclésial reconnus par la conférence épiscopale comme « Association privée de fidèles » et par le gouvernement équatorien « Fondation catholique Puntos-Corazón », structure juridique qui nous permet d’être propriétaire de notre future maison.
    Ce fut un long travail et une lutte acharnée entre avocat et autorités diverses pour être reconnus tels que nous sommes et avoir le droit d’exercer notre mission au niveau civil comme ecclésial.
Nous pouvons donc aujourd’hui nous remettre de manière plus concrète au travail de la maison et de la construction.

    J’avoue que cette longue attente et ces déboires administratifs m’ont beaucoup peinée mais m’ont appris beaucoup sur le pays, la manière de fonctionner et surtout ont permis de faire surgir de vraies amitiés que ce soient avec les autorités ecclésiastiques comme avec tous nos amis qui, depuis presque dix ans, font partie de notre fondation et nous ont aidés dans un aspect particulier, chacun selon ses possibilités. Une amie comptable a remis à jour les comptes de la fondation. Notre avocate, membre fondatrice de la fondation, s’est débattue dans le dédale administratif et a usé de ses connaissances. Notre président, Christian qui aujourd’hui aimerait vivre plus pleinement l'expérience Points-Cœur en se mettant au service d’une de nos maisons pendant son mois et demi de vacances.

    Ce fut aussi pour moi un temps de disponibilité aux enfants et aux besoins des gens du quartier sans être déjà dans les calculs de proportion de ciment et sable. J’ai pu connaître chacun et aussi être plus attentive aux besoins des Amis des enfants.

point-coeur point-coeur   

    Une action de grâces toute particulière pour l’ouverture et l’accueil de nos voisins proches. Nous étions installés depuis cinq ans dans une maison louée, ballottés d’un quartier à l’autre avant d’arriver dans ce lieu. Comme je vous le disais dans ma dernière lettre, si Points-Cœur fête ses vingt ans de fondation, ici à Guayaquil nous fêtons nos dix ans.

 

    À notre arrivée, nous étions installés dans un quartier voisin appelé Santa Teresita, dans la maison paroissiale, puis nous avons déménagé à 1 km de là dans la maison paroissiale de notre paroisse actuelle : Natividad del Señor. Par un changement au niveau des responsabilités paroissiales, nous avons dû nous installer dans une maison du centre-ville. Il y a cinq ans, nous avons trouvé cette maison à louer à 200 m du port de bananes. Bien que la maison soit un peu trop petite, nous étions contents d’avoir enfin un lieu où nous installer.
    Comme nos amitiés sont éparses d’un côté à l’autre du périphérique qui conduit au centre de Guayaquil, nous passions peu de temps avec nos voisins les plus proches. Nous connaissons très bien leurs enfants qui viennent jouer à la maison chaque jour mais peu leurs parents.
    En mai, nous avons organisé un “bingo” ou loterie avec tous nos amis et surtout nous avons invité tous nos voisins. Ce fut la grande fête pour tout le quartier. Cela a été pour nous aussi l’occasion d’inviter chacun, de connaître un peu plus les liens de famille des enfants qui fréquentent tous les jours le Point-Cœur, de rentrer dans des maisons qui ne nous avaient jamais reçus, découvrir la vie et le cœur de nos plus proches voisins.
    Depuis ce bingo, de nouveaux sourires s’impriment sur les lèvres de nos voisins. Dès le petit matin, quand nous allons acheter le pain, Daniel ou son voisin le marchand de fruits qui avant ne répondaient à notre salut, prennent maintenant le temps de nous saluer et de partager quelques nouvelles. Les souvenirs communs nous font pouffer de rire. Anecdotes et moments gratuits, nous lient aujourd’hui de manière beaucoup plus tangible. C’est pour moi vraiment un grand sujet d’action de grâces parce que depuis mon arrivée ici, je portais ce souci pour ceux que nous croisons chaque jour. C’est très beau et très agréable aussi de se sentir chez soi ici, aimés autant des enfants que de leurs parents.

    Peut-être, selon les terrains disponibles, devrons-nous déménager mais ce sera avec ce trésor commun qui ne s’arrête pas à la présence physique. Ce trésor de l’amour.

    Très chers parrains, une fois encore je confie à votre prière la famille de Juana. La Maman est partie, il y a quatre mois. A priori, elle a commencé à se prostituer, le papa, de dépit, a commencé à jouer et s’est endetté. Il est maintenant pris au piège par les bandettas (groupuscules payés pour tuer ou transporter de la drogue) pour qui il travaille.

    Juanita a en charge ses deux petits frères. Bien souvent, elle vient nous demander de l’aide pour payer son bus qui l'emmène à l’école et aussi pour nourrir toute la famille.

 

point-coeur2010_2 point-coeur2010_2       Nous lui avons proposé de suivre sa scolarité en internat et permettre à l'assistante sociale de prendre en charge ses deux petits frères mais cette décision lui coûte beaucoup et Edgar qui a six ans n’a toujours pas été enregistré au registre civil. Il est donc impossible pour le moment de le faire entrer dans une institution, à moins que le juge pour enfant le déclare pupille de la nation. Ce qui est une lourde charge à porter, surtout sachant qu’il a père et mère.

 (photo d'Edgar dans sa maison)

 

 

point-coeur2010_3 point-coeur2010_3      Je vous confie aussi Saulo, un jeune ami attaqué par des crises de folies. Après un long séjour dans un hôpital psychiatrique, il est aujourd’hui rentré chez lui. Mais il est très violent, tout spécialement avec sa maman señora Aliria. Le temps que nous avons passé avec lui à hôpital psychiatrique nous a donné l’envie de commencer un nouvel apostolat auprès des malades de cet hôpital « Lorenzo Ponce ». Le directeur de l'hôpital, enchanté de notre proposition, nous a proposé de visiter chaque jeudi le pavillon des plus âgés, personnes totalement seules et abandonnées.

(photo avec Saulo à l'hôpital)

 

Sinon, je confie aussi à votre prière le projet de la construction de la maison, nous avons un beau terrain en vue, puissé-je à ma prochaine lettre vous montrer des photos du début de la construction !!!

 

point-coeur2010_4 point-coeur2010_4       Et enfin, je vous confie l’arrivée de deux nouveaux Amis des enfants en septembre ou octobre : Kathie des USA et Paul-Emmanuel, français. Nous arrivera aussi en octobre Carolina, une permanente qui était en Équateur de 2007 à 2009 et avec qui j’ai eu la joie de vivre deux ans en Argentine. Elle nous reviendra tout juste d’une année de formation en France. Elle est colombienne d’origine. En octobre, nous serons donc sept à la maison. Cela va nous pousser à travailler d’arrache-pied aux travaux de la nouvelle maison.
 

    Très chers parrains, merci beaucoup pour votre soutien. Sans vous, je ne pourrais pas être ici et sans votre prière, j’aurais déjà pris la poudre d’escampette. Pardon d’avoir tardé avant de vous envoyer cette lettre.

 
En communion de prière, votre filleule,     Édith.

Article publié par Coopération missionnaire • Publié Mercredi 08 septembre 2010 - 09h34 • 1270 visites

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